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Vous cherchez un billet de ferry au départ de Marseille pour rejoindre Mayotte avec votre voiture ? Oubliez tout de suite cette idée : cette ligne n'existe pas. C'est une impasse. En revanche, si vous naviguez déjà dans l'Océan Indien ou que vous organisez votre arrivée à l'aéroport de Dzaoudzi, le bateau va vite devenir votre quotidien.
Mayotte est un archipel où la mer dicte sa loi. Que ce soit pour la navette vitale entre les deux terres principales ou pour une aventure un peu plus rock'n'roll depuis Madagascar, il faut comprendre la mécanique du trafic maritime local pour ne pas rester bloqué sur le quai.
Aller à Mayotte en bateau depuis la France métropolitaine n'est pas possible via une ligne régulière de passagers. L'accès maritime se fait uniquement via des navettes régionales depuis les Comores ou Madagascar (SGTM), ou par des croisières ponctuelles. Sur place, la « Barge » assure la liaison quotidienne entre Petite-Terre et Grande-Terre.
Peut-on rallier Mayotte en bateau depuis la France métropolitaine ?
Autant être brutalement honnête : non, vous ne pouvez pas prendre un ferry passager depuis l'Hexagone pour aller à Mayotte. Contrairement à la Corse ou au Maghreb, la distance est rédhibitoire. Plus de 8 000 km via le canal de Suez, cela rend l'exploitation d'une ligne de car-ferry impossible sur le plan commercial. Personne ne veut passer trois semaines en mer sur un siège inclinable.
Si vous tenez absolument à faire venir votre véhicule ou vos cartons de déménagement par la mer, vous devrez passer par le fret maritime. Votre voiture voyagera seule, enfermée dans un conteneur sécurisé à destination du port de Longoni. Vous, pendant ce temps, vous prendrez l'avion.
La seule exception concerne les plaisanciers aguerris qui bouclent un tour du monde ou une traversée transocéanique sur leur propre voilier. Pour le commun des mortels, l'avion reste l'unique porte d'entrée. Le bateau, c'est pour après, une fois que vous aurez posé le pied sur le tarmac.

La « Barge » (STM) : la traversée vitale entre Petite-Terre et Grande-Terre
C'est le cœur battant de l'archipel. Le Service de Transports Maritimes (STM) gère ce que les Mahorais appellent tout simplement « la Barge ». Cette navette relie Dzaoudzi (sur Petite-Terre, où se trouve l'aéroport) à Mamoudzou (sur Grande-Terre, le centre névralgique).
Vous n'avez pas le choix : pour sortir de l'aéroport ou y retourner, vous devrez traverser ce bras de mer. C'est une expérience locale brute, souvent bruyante, ventée et visuellement superbe.

Horaires et fréquences des rotations en 2026
Le service ne s'arrête jamais vraiment. Les barges et les amphidromes pour les véhicules tournent 24h/24 et 7j/7. En 2026, le rythme est particulièrement soutenu pour absorber le flux de passagers :
- En journée (5h30 – 20h00), comptez une rotation toutes les 30 minutes environ. Aux heures de pointe, les départs s'enchaînent simplement dès que le navire est plein à craquer.
- La nuit (20h00 – 5h30), la fréquence ralentit avec généralement un départ toutes les heures fixes.
Conseil Pro
Si vous avez un avion à prendre tôt le matin sur Petite-Terre, prévoyez toujours une marge d'une heure pour la traversée. Un problème technique ou une grève surprise du STM peut paralyser le trafic.
Tarifs piétons et véhicules (scooters, voitures)
Le système de billetterie surprend souvent les nouveaux arrivants. Historiquement, on ne paie la traversée que dans le sens Grande-Terre (Mamoudzou) vers Petite-Terre (Dzaoudzi). L'autre sens est contrôlé mais souvent inclus dans le retour ou gratuit pour les piétons selon les directives du moment.
Voici les tarifs moyens constatés pour cette année 2026 au guichet de la Gare Maritime de Mamoudzou :
| Type de passager / Véhicule | Tarif Aller-Retour | Remarques |
|---|---|---|
| Piéton | 0,75 € | Ticket valable indéfiniment. |
| Deux-roues (Scooter/Moto) | 2,00 € | Le conducteur est inclus. |
| Véhicule léger (Voiture tourisme) | 15,00 € | Conducteur inclus, passagers en sus. |
| Véhicule utilitaire / Camionnette | 30,00 € | Tarif variable selon le tonnage. |
Le tarif piéton reste dérisoire. C'est voulu, cela agit comme un service public essentiel pour la population qui fait la navette tous les jours pour aller bosser.
Venir à Mayotte en bateau depuis les îles voisines (Comores, Madagascar)
Si les liaisons long-courriers sont un mirage, le trafic régional, lui, est bien réel. C'est l'option privilégiée par les résidents des Comores ou les baroudeurs arrivant de la Grande Île.

Les liaisons depuis Anjouan et Moroni
Plusieurs compagnies maritimes privées, comme la SGTM ou Maria Galanta, assurent des rotations régulières. Ces bateaux sont vitaux pour le commerce et les visites familiales dans l'archipel des Comores.
Comptez entre 4 et 6 heures de navigation selon l'humeur de l'océan. Côté administratif, attention : Mayotte est un département français et une RUP européenne. Les contrôles aux frontières sont draconiens. Un passeport en cours de validité et un Visa (pour les ressortissants comoriens) sont exigés avant même de poser le pied sur la passerelle.
Il est quasiment impossible de réserver ces billets en ligne. Vous devrez vous rendre physiquement aux guichets des compagnies (souvent situés près du port ou en centre-ville) pour acheter votre passage. Prévoyez du liquide.
La liaison depuis Madagascar (Mahajanga/Nosy Be)
C'est une route maritime beaucoup moins fréquente et franchement plus aléatoire. Relier Madagascar à Mayotte en bateau tient plus de l'expédition que de la simple formalité administrative.
Les lignes existent au départ de Mahajanga (Majunga) ou parfois de l'île touristique de Nosy Be. Mais ne comptez pas trop dessus : ces liaisons sont souvent saisonnières, dépendantes de l'état de la mer (surtout quand les cyclones rôdent) et de la disponibilité des navires capables d'affronter le Canal du Mozambique sur cette distance.
Attendez-vous à un confort sommaire, voire spartiate. Ce ne sont pas des navires de croisière, mais des bateaux de transport fonctionnels. La traversée peut vous prendre de 12 à 24 heures.
Arriver à Mayotte en voilier privé ou en croisière
Mayotte possède l'un des plus grands lagons fermés du monde. C'est un terrain de jeu hallucinant qui attire une clientèle différente, à la recherche d'exclusivité.
Les escales de croisières (Ponant et autres)
L'industrie de la croisière de luxe commence à regarder sérieusement vers l'Océan Indien. Des compagnies comme Ponant intègrent parfois Mayotte dans leurs itinéraires « Expédition ».
Arriver par le lagon offre un spectacle qui vous marque à vie : les nuances de bleu, la barrière de corail et la vue sur le Mont Choungui. Les gros paquebots ne peuvent pas accoster directement au quai Ballou. Ils restent au mouillage dans le lagon et des annexes (tenders) débarquent les passagers à la Gare Maritime de Mamoudzou ou sur des îlots déserts pour la journée.
Formalités pour les plaisanciers (mouillage et douane)
Pour les navigateurs arrivant avec leur propre voilier ou catamaran, le point d'entrée officiel est Dzaoudzi.
Dès votre entrée dans le lagon, signalez-vous à la capitainerie. Le mouillage s'organise généralement autour du Rocher de Dzaoudzi ou de la zone du « Boulevard des Crabes ». Les formalités d'immigration (Police aux Frontières) et de douane sont obligatoires dès le débarquement à terre. Je vous recommande de respecter scrupuleusement les zones de mouillage pour ne pas massacrer les coraux protégés du Parc Naturel Marin.
3 conseils de sécurité et de confort avant d'embarquer
Que vous preniez la barge pour aller travailler ou un navire régional, l'expérience maritime à Mayotte demande un minimum de préparation mentale et logistique.
- Gérez le mal de mer. Ne sous-estimez jamais le Canal du Mozambique. Même pour la courte traversée en barge par temps de « Kashkazi » (mousson du nord), la mer peut être formée. Pour les traversées régionales vers Madagascar ou les Comores, les creux sont fréquents et l'estomac en prend un coup. Ayez vos médicaments sur vous.
- Soyez vigilant à la Gare Maritime. La zone autour de la gare maritime de Mamoudzou, particulièrement quand le soleil tombe, nécessite d'ouvrir l'œil. Les vols à l'arraché (téléphones, sacs) arrivent vite dans la foule compacte. Gardez vos affaires contre vous et évitez de sortir le dernier iPhone en attendant l'embarquement.
- Anticipez les bouchons. Si vous devez traverser avec votre voiture aux heures de pointe (7h-8h le matin vers Grande-Terre, 16h-17h le soir vers Petite-Terre), armez-vous de patience. La file d'attente des véhicules remonte parfois très loin dans les rues avoisinantes. C'est le jeu à Mayotte.
L'accès à Mayotte par la mer est un paradoxe : impossible depuis l'Europe, mais vital une fois sur place. La « Barge » sera votre trait d'union quotidien entre l'aéroport et la capitale. Pour les voyageurs régionaux, le bateau offre une alternative économique, certes rustique, à l'avion.
Et vous, avez-vous déjà tenté la traversée entre Madagascar et Mayotte ou vécu une traversée agitée sur la barge ? Racontez-nous vos galères ou vos meilleurs souvenirs en commentaire.
FAQ
Quel est le prix du bateau pour aller à Mayotte ?
Cela dépend du point de départ. La barge locale entre Petite-Terre et Grande-Terre coûte moins d'1 euro pour un piéton (0,75 €). En revanche, une traversée régionale depuis les Comores ou Madagascar vous coûtera généralement entre 100 € et 250 € selon la compagnie et la saison.
Quelle est la durée de la traversée entre Mayotte et Madagascar ?
C'est très variable selon le navire. Il faut compter en moyenne entre 18 et 24 heures de navigation pour relier Mahajanga à Mayotte. Si la météo s'en mêle dans le canal, le trajet peut s'éterniser.
Peut-on envoyer sa voiture par bateau à Mayotte ?
Oui, c'est courant, mais uniquement par fret maritime. Vous déposerez votre véhicule au port en France (Le Havre, Marseille, Saint-Nazaire) et le récupérerez au port de Longoni après environ 3 à 5 semaines de mer. Vous ne pouvez pas voyager avec le véhicule, vous devrez prendre l'avion.